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Cap Horn pour le nouvel an

7e Vendée Globe, suite de notre feuilleton hebdomadaire : Semaine 7.
Souvenez-vous, il y a juste un an, l’année 2012 s’achevait dans l’hémisphère sud pour les treize solitaires engagés dans le 7e Vendée Globe. Durant cette 7e semaine de course et après un arrêt technique en Nouvelle-Zélande, Bernard Stamm revenait fort dans la course mais attendait le verdict d’une procédure lancée à son encontre par le comité de course. Les deux leaders inséparables, Armel le Cléac’h et François Gabart, quittaient le Pacifique et s’offraient le Cap Horn pour fêter la nouvelle année. Récit.

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Les premières réactions de Bernard Stamm

Suite au naufrage cette nuit de leur monocoque Cheminée Poujoulat au large de la pointe de Cornouailles, Bernard Stamm et Damien Guillou ont été récupérés tôt ce matin par un cargo qui fait route vers Rotterdam. Le skipper suisse joint par son service de presse livre ses premières explications.

Bernard, pouvez-vous revenir sur l’accident ? Que s’est-il est passé ?
« Damien et moi nous trouvions à 200 milles de la pointe de Cornouailles et à 180 nautiques de Brest. Nous étions un peu devant le front, au portant. Il y avait entre 43 et 45 nœuds de vent établis, mais c’était maniable. Nous nous étions préparés à ce coup de vent. La preuve, nous étions sous tourmentin, avec quatre ris dans la grand voile. En clair, nous avions vraiment le frein à main tiré, mais dans une vague, le bateau s’est cassé en deux, juste devant les dérives. Le mât n’est pas tombé immédiatement. Nous avons rapidement fermé toutes les cloisons étanches du bateau puis l’espar a chuté par l’arrière. Très vite, nous avons demandé de l’aide puis organisé la survie à bord. »

C’est-à-dire ?
« Nous nous sommes préparé à quitter le bateau. La mer était grosse alors nous avons essayé d’évaluer le risque de dégradation de Cheminées Poujoulat. Avec Damien, nous avons tenté de désolidariser le mât du 60 pieds mais nous n’avons pas réussi. C’était vraiment trop dangereux. Toutefois, nous sommes parvenus à faire en sorte qu’il plonge un peu dans l’eau et qu’il arrête de taper méchamment contre la coque. Dans la foulée, à l’intérieur, nous avons réuni le matériel de survie. Clairement, nous ne savions pas trop jusqu’à quand le bateau allait flotter. »

Comment s’est déroulée l’opération de sauvetage ?
« Un Falcon 50 basé sur la base de l’aéronautique navale de Hyères est arrivé sur zone vers 23h30 après un ravitaillement à Bordeaux. Il a coordonné le sauvetage avant d’être relayé par un avion de patrouille maritime aux alentours de 6h du matin. Entre temps, un hélitreuillage par un hélicoptère de sauvetage britannique de type Sea King a été tenté. Ce dernier nous a demandé de mettre à l’eau un BIB (radeau de survie) afin qu’un plongeur puisse nous récupérer. C’est ce que nous avons fait mais Damien et moi n’avons jamais réussi à nous éloigner du bateau. C’était super dangereux car ça nous faisait taper vers l’étrave cassée. Finalement, nous avons été obligés de remonter à bord de Cheminées Poujoulat en laissant dans le radeau de sauvetage la quasi-totalité de notre eau, le bidon de survie, le téléphone, les fusées…  En somme, à ce moment là, nous avons grillé une grosse de nos cartouches. »

Que s’est t-il passé ensuite ?
« Les sauveteurs nous ont proposé de nager pour tenter de nous récupérer directement dans l’eau. Malheureusement, cela n’a pas marché non plus. Pire même, puisque j’ai eu énormément de mal à remonter sur le bateau ensuite. D’ailleurs là, pour moi, ça a véritablement été un gros choc. Après ça, comme nous n’avions plus accès à la soute à voiles où était stocké notre deuxième BIB, cinq autres ont été largués par l’avion mais tous sont tombés trop loin de nous. Puis, le cargo est arrivé et a manœuvré pour se mettre à nos côté. Un filin nous a été lancé mais l’opération a manqué de nous faire écraser contre le cargo et pendant ce temps-là, Cheminées Poujoulat continuait à couler. L’équipage nous a  balancé un nouveau filin alors que nous nous trouvions le long de la moitié arrière du cargo, débout sur le balcon arrière mais nous avons réussi à l’attraper et à bloquer le 60 pieds. Il  nous a ensuite descendu une corde mais nous nous sommes faits arrachés et cognés violemment sur la casquette. Damien s’est fait stopper net mais moi j’ai fait 80 mètres dans l’eau, parfois en buvant la tasse, jusqu’à ce que je parvienne à récupérer le filet. Damien nageait à côté du cargo mais grâce à une bouée couronne dans laquelle il avait pu se mettre, il a pu attraper le filet à son tour et se tirer d’affaire. C’était vraiment hyper chaud car, comme je l’ai dit, il y avait beaucoup de mer et Cheminées Poujoulat, à ce moment là, était quasiment entièrement sous l’eau. Il ne restait plus qu’une petite partie du pont arrière qui dépassait à la surface et l’étrave qui pendait après les étais. C’est une image vraiment dure pour moi ».

A présent en sécurité à bord du cargo MV Star Isfjord, vous faites route vers Rotterdam ?
« Oui. L’équipage Philippin qui nous a porté secours en faisant preuve d’une incroyable maitrise transite actuellement vers les Pays-Bas où nous devrions arriver demain soir. Je tiens à le remercier chaleureusement ainsi que tous les hommes qui ont participé à cette opération d’envergure. Merci du fond du cœur. »

(Source : service presse Cheminées Poujoulat)
 

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Bernard Stamm en détresse a été récupéré par un cargo

Bernard Stamm qui effectuait son convoyage retour de la Transat Jacques Vabre, a déclenché sa balise de détresse dans la soirée d´hier, alors qu’il se trouvait à 180 milles de Brest. Des opération… […]

Stamm dans la tempête

En convoyage retour de la Transat Jacques Vabre, Bernard Stamm remonte actuellement des Açores à bord de son Cheminées Poujoulat. Le skipper du monocoque qui se trouvait ce matin à 400 milles au sud-ouest de Brest, envoyait ce message avertissant tout le monde des conditions qui sévissent au large des côtes et de la tempête qui s’abat sur les côtes atlantique. Bernard Stamm : “Un conseil, planquez les enfants, le chat et garez votre voiture au vent des arbres, on arrive avec quelque chose de pas sympa. A bord, ça va, le bateau prend des gros coups mais tient bien le choc. On a 45 noeuds établis avec rafales à 55. La mer est très grosse. Nous sommes avec 3 ris tourmentin, mais on a du mal à freiner le bateau. On a fait une pointe de vitesse à 31,33 noeuds, mais on s’en passerait volontiers. Le pilote ne gère pas trop mal, à part 3 fois où il s’est laissé prendre dans le creux de la vague et on est parti à l’abattée à chaque fois. Pas de bobo à part une latte de GV cassée.”

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7e Vendée Globe / Semaine 6 : Noël dans le Pacifique

Que de souvenirs il y a juste un an durant cette 6e semaine de course ! La flotte des treize solitaires du 7e Vendée Globe, dominée par un impressionnant mano à mano entre François Gabart et Armel le Cléac‘h, … […]