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Qu’on se le dise …

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Arnaud Boissières bientôt au cap Horn

Je suis à moins de 200 milles du cap Horn. Là, on n’y voit pas grand-chose, je suis sous grand-voile et grand gennaker avec un vent sympa de 25 nœuds. J’avance en ligne droite vers le Horn. J’espère que ça va se dégager. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit mais je suis bien reposé car j’ai fait plusieurs petites siestes. Le reste du temps, j’ai veillé en jouant notamment au Monopoly. J’ai perdu. Pourtant j’avais acheté la rue de la paix. En même temps ce n’est pas étonnant, je ne sais pas pourquoi, jamais personne ne tombe sur cette case. Il va falloir que je m’entraîne car je pense que je n’aurai pas assez de café à bord d’ici mon arrivée. C’est donc ce qui va me tenir en alerte. Passer le cap Horn une seconde fois représente beaucoup, c’est quelque chose de très fort pour moi. C’est un lieu mythique chargé d’histoires maritimes plus ou moins glorieuses et c’est d’ailleurs pour vivre des instants comme celui-ci qu’on fait le Vendée Globe. Je m’attends à voir un paysage terrestre que je n’ai pas vu depuis un petit moment. Je suis à la fois content et mélancolique de quitter les mers du Sud. J’en garderai cette année encore, un super souvenir car ça reste, selon moi, l’endroit le plus excitant et original de cette course. J’ai fait une très bonne traversée du Pacifique. Le Grand Sud était cette année très différent d’il y a quatre ans. En moyenne, je pense que les conditions étaient moins musclées cette année mais en termes de course, c’était plus difficile car la pression n’est pas la même. Maintenant je vais attaquer la remontée de l’atlantique. C’est une autre étape du parcours, le derniers tiers et contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas forcément le plus facile. Il reste du chemin à faire donc pour moi cela ne signifie pas le retour à la maison car il y a encore énormément de coups à jouer. Le jeu demeure très ouvert. Il peut se passer énormément de choses dans l’atlantique. Je n’éprouve aucune lassitude à être sur mon bateau. Il se passe quelque chose au bout de trois semaines de mer qui fait que tu te sens bien à bord de ton bateau même au bout de deux mois de course. Tu n’as pas envie de le quitter. Je pense à la suite de ma course, à mes manœuvres car la route est encore longue et c’est beaucoup trop tôt pour penser au retour aux Sables.