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Le journal de bord d’Alessandro

J’ai eu droit à une approche et une entrée en 2013 un peu mouvementées sur Team Plastique. Quelques problèmes au niveau des capteurs de vitesse des autopilotes m'ont obligé à avancer sous-toilé et au ralenti ce deux derniers jours.

Aujourd'hui, avec une action sur la centrale (cerveau de l'autopilote principal), je suis arrivé à trouver un compromis et à résoudre partiellement le problème en modifiant les informations reliées à la source de vitesse du bateau. Les autopilotes n'ont pas trop aimé non plus de naviguer dans la dernière basse pression, qui m'a apporté une houle croisée et un vent très instable et variable en vitesse, allant de 18 à 42 nœuds.

Le 31 décembre, je me suis fait une petite frayeur quand, en regardant vers l'avant, j'ai aperçu une tâche blanche à l'horizon. J'ai pensé à un petit iceberg ! Puis la tâche a disparu dans un grain pour réapparaitre quelque minute après, encore plus proche de moi. Mais à cet instant, en regardant sur le radar et sur le système AIS (système d'identification des cargos, bateaux de pêche, etc. qui utilisent les fréquences radio), j'avais déjà  résolu le mystère et compris qu’il s'agissait simplement d'un navire: le MIRAY. Entré en contact radio avec l'équipage, j'ai échangé quelques minutes de conversation et aussi quelques mots en japonais car c'est un navire océanographique nippon en route vers Hobart.
J'ai considéré cette rencontre en plein océan comme un porte-bonheur car « iceberg » peut
vouloir dire « fin » tandis que MIRAY signifie « FUTUR » en japonais. Nous nous sommes évidement quittés sur un « SAYONARA ».

Aujourd'hui, le circuit qui tient la lame du safran tribord dans l'eau a cassé.
Pendant quelques minutes j'ai pensé  à prendre en considération la possibilité de m'abriter sous le vent de l'ile Auckland ou Campbell, qui sont plus au moins sur ma route à quelques centaines de milles vers l'est. Et ainsi pouvoir bien régler le problème du safran avant l'entrée dans le Pacifique mais au final j'ai décidé d'intervenir immédiatement, et ce sous un grain de grêle (j'ai pu en récolter quelques poignées sur le pont et en faire un bon sorbet avec du jus de citron et du sucre). Je suis arrivé à lever la lame de safran, changer le circuit et re-baisser le safran dans l'eau. Avec ce compromis pour le réglage de l'autopilote, j'ai pu renvoyer de la toile et commencer à augmenter la vitesse, mais aussi à récupérer du sommeil perdu.

Faute de tout ça, je n'ai encore pas pu ouvrir la petite bouteille de champagne pour l'arrivée de 2013... Ça ne va pas tarder ;-)

Un « Bravissimi ! » à ces deux premiers qui viennent de franchir le Horn avec de superbes vitesses! C’est vraiment fort! Moi, je me prépare à la traversée du grand « Taiheiyo » - l'Océan Pacifique en japonais - qui recouvre environ 1/3 de la surface de notre Terre.

Bonne continuation des fêtes à terre.
Alessandro Di Benedetto/Team Plastique