Qu’on se le dise …

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Les mots du jour d’Arnaud Boissières

Ce matin, comme tous les matins en mer, j’ai été pris par la beauté du spectacle du lever du jour mais pris aussi par un instant de vent instable et mou. Oui, c’est stressant et éprouvant car toute la nuit on use de cliquetis, provoqués par le doux bruit du winch de grand-voile actionné par le moulin à café. On se prend pour un éclusier à user du moulin à café d’une seule main et, il faut bien l’avouer, on s’y est habitués à ce rituel! Tous ces réglages sont importants pour soi-même pour ne pas avoir à se reprocher d’avoir été trop ailleurs. Quand je dis ailleurs, je pense à ces "rêveries "d'arrivée .... Mais il reste du chemin. Un chemin long et périlleux. Oui d’accord mais combien de jours ? Bon ok, c’est vrai il faut y penser et ne pas faire son Bernard Moitessier.
Car l’arrivée c’est aussi « abandonner » son bel oiseau noir pour retrouver un quotidien tant aimé et recherché !? Il parait!!! J’ai du lire ça quelque part !
Ouf ! A peine le temps de cogiter que le vent repart. Allez, on règle. DRING ! Ha c'est la vacation ! Et non, ce n'est pas encore le facteur avec des recommandés peu recommandables!
Bon tout va bien, on reste « dessus-dedans ». On est dans la zone 1 de transition. Plus tard, il y aura la zone 2 et après ce sera de la vitesse jusqu’à l’arrivée. Oui mais à quelle heure ? Quel jour ? Est-ce qu’il fera beau ? 
Là où tu es Bernard Moitessier, sur ton étoile sûrement proche de celle du petit Prince, cela doit t’amuser!!! Tu dois te dire : « un jour, il y en a bien un qui va refaire mon coup de poursuivre sa route » !
Moi pour l’heure, j’ai des vérandas à livrer et des bons de commande à remplir et ne soyons pas trop poète, ça fait mauvais genre !

Arnaud, Cali pour les intimes