Qu’on se le dise …

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Premier mois de course pour François Gabart

Je suis dans la traîne d’une dépression, le vent est instable, il peut varier de manière assez forte, de 15-18 à 35-40 nœuds, ce n’est pas simple de trouver la bonne voilure et le bon réglage sur plusieurs heures, parce que cela peut changer tous les quarts d’heure. La mer est particulièrement désordonnée, un vrai bazar ! Elle n’est pas très grosse mais complètement anarchique. Je me fais bien remuer, ça bouge un peu dans tous les sens. Mais j’essaie de faire attention à moi, je ne fais aucune concession là-dessus J’arrive à bien me relâcher sur le pouf à billes qui est vraiment mieux adapté qu’une bannette dans ces conditions.

Le bruit ne me dérange pas, il fait partie de mon environnement et je m’y suis habitué. C’est surtout une source d’informations pour bien sentir et comprendre le bateau.

Le ciel est gris avec des grains et des nuages un peu plus foncés que les autres. Quant à la température, ce matin, l’huile d’olive était gelée, alors il doit faire moins de 5 degrés dans le bateau.

Pour un bonhomme qui, comme moi, veut faire avancer le bateau le plus vite possible, c’est super sympa de faire des moyennes qui flirtent avec les 25 nœuds pendant quelques heures, surtout quand tu as l’impression que le bateau est bien équilibré et ne force pas trop. Cette harmonie est très agréable à vivre. Après, une autre partie du bonhomme serre un peu les dents, doute, se méfie. Mais je pense qu’il faut faire confiance à son feeling, et en l’occurrence, je ressentais surtout du plaisir, le sentiment que MACIF était pile comme il fallait, sans raison de changer quoi que ce soit. 

 Comme je me décale d’une heure quasiment tous les jours, le corps a du mal à trouver le rythme et je suis un peu « jet-lagué » en permanence. En temps cumulé, je dois dormir entre 4 et 7 heures par jour, ça me suffit, je ne suis pas fatigué. A côté, je m’attache à conserver un rythme de repas normal en suivant le cycle du soleil, c’est-à-dire petit déjeuner au lever du jour, déjeuner à la mi-journée et dîner le soir. 

L’Indien est terminé, une partie du parcours s’achève, elle s’est bien passée, puisqu’avec le bateau MACIF nous sommes toujours bien positionnés. Je vais désormais me retrouver dans le sud de l’Australie, dans une zone différente d’un point de vue météo, avec la partie Pacifique qui s’ouvre devant moi.